lundi 30 janvier 2017

Maruha

Les restaurants qui se spécialisent dans un seul produit sont souvent parmi les meilleurs. Ici, c'est le thon, en beignet ou en sashimi. C'est tout, et, situé juste à côté du port d'Ishigaki, c'est un régal au retour d'un périple dans une des îles voisines.







dimanche 29 janvier 2017

Yoshi


On s'est donné rendez-vous avec Yoshi à l'entrée de la rivière Urauchi, pour prendre un bateau qui longe des montagnes jonchées d'une jungle infinie, et nous dépose au chemin de trek que l'on emprunte jusqu'à la cascade de Kanpirei.






Le sentier est aménagé pour offrir une balade agréable et accessible à tous, sans équipement particulier, tout en préservant intacte une faune et une flore qui inclut de nombreuses espèces rares.


Comme le célèbre chat sauvage d'Iriomote, unique à l'île.



En chemin, Yoshi évoque les six mois vécus à Iriomote il y a deux ans, travaillant dans un restaurant sur l'île adjacente de Yubu, à l'est. Après un bon sommeil, il entrepris un jour avec un ami la traversée de l'île d'est en ouest, un périple de 16 heures sans repos entamé à 2 heures du matin et terminé au coucher du soleil, dont il se demande encore comment il en est sorti vivant. La présence de son ami sans douteainsi que les voix bienveillantes des divinités qui l'ont accompagné au cœur de la jungle.




Aux chutes de Kanpirei nous rencontrons un groupe d'amis et leurs enfants qui sont venu d'Ishigaki et de Naha pour honorer les nombreuses divinités locales, résidant ici dans un écoulement d'eau, là dans un arbre centenaire.









Malgré que je ne me soit quasiment pas lavé depuis deux jours, jusqu'au bain salvateur dans l'eau fraîche des chutes de Kanpira, je me sens purifié par nos deux heures de trek dans la jungle éternelle, et je ne peux qu'imaginer l'étendue du spectre émotionnel qu'a traversé Yoshi pendant son périple.



Yoshi me dit osciller entre conformisme et revendication de sa singularité. Lorsqu’il se marginalise trop, il est rappelé à l’ordre par ses pairs. Pourquoi joue-t-il de la guitare ? Pourquoi l’enfant d’Hokkaido, pays du froid, part-il habiter sur une île du Sud ? « Le machin qui fume de la marijuana », comme l’appelait un cuistot de l’hôtel à la pause, est aussi perçu ainsi, par son côté bohème, hippy, bien qu’il soit la plupart du temps si consensuel. Pour comprendre la marginalité à laquelle renvoie cette périphrase, il faut savoir que la plante n’a rien de banal ici, une actrice célèbre d’Ishigaki ayant par exemple été carrément ostracisé pour avoir été surpris à la consommer en octobre de l’année dernière.

Après l'avoir accompagné au terminal de ferry de Uehara, d'où il rentre un jour avant moi, sirotant une bière à l'abri d'un arrêt de bus, Yoshi lance timidement :

"- Tu ne trouves pas que notre boulot est... ennuyant ? Découper des petits morceaux de papier, coller l'adresse de l'hôtel sur les étiquettes de bagages...
Je continue, - ...dérouler et re-rouler des serviettes humides pour les mains, expliquer aux clients qu'il faut tirer le rideau quand ils prennent une douche et fermer sa porte à clef quand ils sortent... Bien sûr que c'est ennuyant !
- De plus il y a un nouveau problème ; Teruya et Watanabe se sont engueulées si violemment que Teruya menace de démissionner.
Je souris - Haha ! Mais c'est plutôt drôle ça, les deux collègues les plus chiantes, tant mieux si elles se chamaillent entre elles plutôt qu'engueuler d'autres collègues plus cool.
-Pas faux."

Il aura fallu à Yoshi une heure de bateau, l'île la plus sauvage du Japon, un trek au cœur de la jungle peuplée de divinités, et une gorgée de bière décidément salvatrice pour qu'il exprime le fond de sa pensée.

Avant que sa nature taiseuse le replonge dans un silence rêveur.

samedi 28 janvier 2017

Plage de Ida

Intéressé par le personnage de Masafumi Nagasaki, j’entreprends d’aller lui rendre visite sur son île de Sotobanari au large d’Iriomote.

Au port de Shirahama, on m’apprend qu’il habite désormais sur la plage de Mokutan, et qu’il vient fréquemment récupérer un peu d’argent auprès de sa sœur dans la capitale Ohara, et faire ses courses à l’unique magasin de Shirahama. La plupart des gens que je croise le connaissent et si certains sont agacés par sa célébrité et l’image par trop libertaire qu’il donne, la plupart le trouvent fort sympathique.

Dommage pour moi, le seul moyen pour m’y rendre est de louer un bateau, trop cher, ou les services d’un guide en kayak. J'apprends par les tenanciers de l'Auberge des gens de la mer que les locaux refusent désormais de louer des kayaks à des touristes seuls à cause de certains problèmes qui ont eu lieux par le passé.

Je prends la navette pour le village de Funauki, qui traverse justement le bras de mer entre l’île de Uchibanari et la plage de Mokutan, nouvelle résidence de M. Nagasaki. Des bateaux de pêches voguent doucement ça et là sur le bleu de l’eau rendu étincelant par les rayons du soleil au zénith.


Passé le village de Funauki, où plusieurs cannes à pêche sont posées devant chaque maison, et traversé 500 mètres de jungle, je débouche sur une faille spatio-temporelle. Nous sommes en plein été, dans un paradis de bleu éclatant où les rares nuages flottent sur l’eau avec une tranquillité impassible.


Jack Steward et Colton Smith, les deux aventuriers de l'émission états-unienne Rock the Park de ABC, sont avec leur équipe en train de tourner un épisode sur Okinawa.


Sous l’eau les poissons multicolores dansent entre les coraux.


Mes pieds sont transportés par la caresse irréelle des roches scintillantes, douces et chaleureuses, offrant au regard d'apaisants motifs ondulés, jusqu'au bout de la plage d'où j'aperçois l'île de Sotobanari, où le vieux Nagasaki vécu seul pendant 25 ans.






mercredi 25 janvier 2017

313

Il n'échappera à personne que le nombre 313 est composé du chiffre 13 précédé de son inverse, 31, avec les deux "1" superposés, agissant comme un miroir.

C'est justement la chambre N°313 qu'a choisie la jeune chinoise du ménage, Xiao, pour situer son anecdote de rencontre avec une revenante. Hier, le mardi 24 janvier 2017, vers 10h10, Xiao entre dans cette chambre pour y faire un ménage léger pendant que les occupants sont sortis, comme à l’accoutumée. Passé la porte d'entrée, avant de continuer vers le salon, elle ouvre la porte de droite donnant sur la salle de bain. Et là, immobile dans le miroir centrale, se serait tenu la réflection d'une femme de taille moyenne, habillée de blanc, les longs cheveux noirs mouillés couvrant en partie son visage blafard.

Xiao ne me donne pas plus de précision quand à son comportement ou celui du spectre, mais il semble qu'elle aurait bondit en dehors de la chambre, et qu'en y ré-entrant la femme aurait disparue.

Je consulte M. Yamamoto, le responsable du ménage, qui est sceptique: Les fantômes à Okinawa ressemblent rarement à cette description, mais plutôt à des militaires en uniforme de la Seconde guerre mondiale. M. Yamamoto n'a jamais vu d'esprits, mais il m'assure que son frère en croise régulièrement. Ici la question ne se pose donc absolument pas de savoir si les esprits viennent ou non rôder à l'occasion de notre côté du miroir, mais si on est capable ou non de les voir, et avec quelle acuité.

Ainsi, si mademoiselle Watanabe a vu quelques rares fois seulement un jeune enfant hanter une voiture garé devant chez elle, sa sœur, elle, croise quotidiennement de nombreux défunts, dans toute sorte d'endroits.

La plupart des habitants d'Okinawa ont au moins une histoire de fantômes à raconter, rarement effrayante. D'ailleurs Xiao me rassure : "Don't be afraid, it's very safe".

Ne craint rien, nous sommes en sécurité.

samedi 21 janvier 2017

Uganzaki

Quand le vent souffle trop fort, il écrase les vagues dans leur écume avec une rapidité et une inconstance qui les rend insurfables. Ce sont des mauvaises vagues, des junk (ジャンク jankku).


Assis sur ma planche posée sur le siège de mon scooter, les ailerons vers le bas devant moi et le nez dépassant à l'arrière, je me suis donc résigné à aller à l'eau et ai bravé les bourrasque jusqu'au phare d'Uganazaki.






jeudi 19 janvier 2017

Kyokushin

Le karaté kyokushin (極真空手 kyokushin karate) est une forme de combat full contact fondée par Masutatsu Oyama, basée sur trois piliers d'enseignement : kihon (les bases), des postures et techniques de défense et de contre-attaque, kata (les formes), ces mêmes techniques effectuée selon des enchaînements particuliers, et kumite, l'entraînement au combat avec des partenaires.

Masutatsu Oyama (大山 倍達), dit Mas Oyama, est né en 1923 sous le nom Choi Yeong-eui (최영의) à Gimje en Corée du Sud, pendant l'occupation japonaise. Habitant par la suite au Japon, c'est un transfuge, un Coréen zainichi (在日韓国 zainichi kankoku). Il pratique le kempo (art martial chinois) à l'âge de 9 ans, puis le karaté Shokotan à l'âge de 17 ans. Il est sacré champion du premier tournoi de karaté national (1st All Japan Karate Tournament) à Kyoto en 1947. Il fonde l'Organisation internationale de karaté Kyokushin (極真会館 kyokushin kankai) en 1964. Mas Oyama meurt en 1994 à l'âge de 70 ans, après avoir introduit le karaté kyokushin dans 123 pays par le biais de 1000 dojo. Le nombre total de praticien de cette école de karaté est aujourd'hui d'environ 12 millions.


Après que je l'ai contacté par email, le Maître Yuuichi Tafuku (田福 雄市)accepte que je vienne m'entraîner au sein du dojo. Les entraînements varient entre kumite les lundis et mercredis, kata le mardi, et kihon le jeudi et vendredi. Et tout le monde s'est montré très accueillant, m'apprenant patiemment les bases du karaté à la moindre occasion. A commencer par le Maître, toujours jovial et souriant. 



Maître Tafuku est mordu de sport, partageant son temps entre l'enseignement du karaté auprès d'une centaine d'enfants et une quarantaine d'adultes, la compétition de développé-couché et les triathlons et autres marathons annuels de l'île.

Les membres du dojo se targuent de faire partie de la seule école de karaté sur l'île à pratiquer l'entraînement au combat, kumite, alors que les autres se contenteraient de répéter ad nauseam les bases, kihon, et les formes, kata. Le kumite est effectivement le point d'orgue de la pratique, car, passionnant autant à pratiquer qu'à regarder, s'y révèlent les personnalités uniques des combattants. L'un feinte son opposant en permanence en simulant l'ivresse et en frappant de façon imprévisible (c'est le fameux style du drunken fighter). Un autre laisse son adversaire prendre confiance en relâchant sa garde, encaissant les coups en souriant, avant d'asséner un unique coup de pied à la tête bruyant et dévastateur. Un autre encore virevolte sans cesse pour, n'offrant aucune ouverture et enchaînant back kicks et coups de pied retournés.

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les symboles du kyokushin sont : la transcription en kanji qui prend la forme d'un katana rangé dans son fourreau ; 極 kyoku signifie "ultime", 真 shin "vérité" et 会 kai "association". Nous sommes l'association des chercheurs de la Vérité ultime.
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Et le kanku, dont les pointes représentent les sensations extrêmes ressenties lors de la pratique (De l'exaltation à la démoralisation suite à la perte d'un combat), les côtés la stabilité et la force des poignets (le coup de poing est l'arme de base, contrairement au tae kwon do par exemple qui emploi davantage les coups de pied). Le rond central est le centre d'énergie où se situe la force du pratiquant, et d'où toute technique part. Le cercle extérieur représente l'universalité du message du karaté kyokushin, qui oeuvre à la paix mondiale, ainsi que la continuité de la vie, où chaque fin représente un commencement.

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L'allocution caractéristique du kyokushin est "osu"(押忍), abréviation de "oshi shinobu" (押し忍) qui enjoint à "ne jamais abandonner". Ce terme est très couramment usité pour indiquer que l'on a compris, il précède aussi la salutation, le remerciement et l'excuse lors des rituels de début et de fin d'entraînement.

A la fin de chaque séance, nous saluons les ancêtres (神前に礼 shinzen ni rei), la place d'honneur (正面に礼 shoumen ni rei), le Maître (先生に礼 sensei ni rei), le pratiquant le plus haut gradé ou assistant professeur (先輩に礼 senpai ni rei), les autres pratiquants (御互いに礼 otagai ni rei), avant de méditer quelques instants les yeux fermés (黙想 mokusou) puis de remercier le Maître et l'assistant (押忍ありがとうございます osu arigatou gozaimasu) et de s'excuser avant de se lever (押忍失礼します osu shitsurei shimasupour nettoyer le dojo (道場 doujou).

Après le nettoyage nous allons nous positionner en demi cercle face au Maître ou au professeur pour débriefer, en assumant la position d'attente caractéristique: les deux pieds écartés de la largeur des épaules, les deux poings serrés de part et d'autre des hanches devant celles-ci, à un angle légèrement ouvert.

Avant ce rituel de cloture, environ une séance sur deux, nous récitons le serment suivant à la suite du senpai:


Nous nous entraîneront corps et âmes avec un esprit inébranlable.
Nous poursuivrons la Voie martiale, afin que nos sens soient alertes le moment venu.
Avec détermination, nous développerons notre maîtrise de soi.
Nous respecterons les règles de courtoisie, de respect de nos supérieurs, et nous abstiendrons de toute violence.
Nous suivrons les principes spirituels, et n'oublierons pas les vertus de l'humilité.
Nous nous élèverons vers la Sagesse et la Force, oubliant tout autre désir.
Toute notre vie, à travers la discipline du karaté, nous poursuivrons la Voie du Kyokushin.

押忍!

mardi 17 janvier 2017

L'envers des masques

Au début j'avais du mal à me faire à l'idée de bosser. Je m'offusquais pour un rien, prêt à criser à la moindre demande de Teruya de balayer la cour ou de commencer une demi-heure plus tôt. Et puis je me suis fait une raison, j'ai accepté de suivre les ordres. Lorsque le manager M. Nakamura m'a montré les trois retards d'une à trois minutes du mois précédent sur mon relevé de présence, m'expliquant que si je recommençais on m’enlèverait une demi-heure de paye, plutôt que de rétorquer que tous les autres jours j'étais arrivé largement en avance, j'ai ravalé ma fierté et me suis excusé.

Depuis que je me suis rendu compte que m'énerver nuisait avant tout à ma santé et n'apporterai aucun changement à mon environnement de travail, je me sens plus relax. Mais ce n'est qu'une impression, avec un lourd prix à payer, celui de la soumission.

Et lorsque le ressentiment de s'être laissé soumettre devient insupportable, il nous rend méchant.

Comme lorsque Yuuki commente le fait que j'utilise mon téléphone portable au travail alors que c'est interdit. Je lui dit que ça me regarde, que les managers utilisent bien le leurs. Je ne dit à personne ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire, et j'aime qu'on me fasse la même courtoisie. Plus tard lorsque Yuuki me demande d'utiliser mon ordinateur, je l'ignore et continue de pianoter, et elle finit par repartir.

Une heure plus tard Teruya vient me demander si j'ai mon téléphone sur moi. Je tapote la poche avant de ma veste et répond que oui, aujourd'hui je l'ai, n'osant pas assumer totalement mon effronterie et le fait que je l'ai toujours. Elle me rappelle à la règle, expliquant que nous travaillons avec des données personnelles que nous ne pouvons risquer de voir fuiter. C'est un prétexte bien sûr, nous savons tous les deux que la règle n'a aucun autre fondement que celui d'empêcher les employés d'utiliser leur temps salarié autrement qu'au bénéfice de l'entreprise.

Le lendemain je ne peux m'empêcher de confronter Yuuki :

"- Tu lui as dit, hein.
Sa réponse est attendue, tout comme moi elle n'assume qu'à moitié son geste et commence par nier : - Dis quoi ?
- A Teruya. Tu lui as dit que j'avais mon téléphone au travail.
- Bien sûr, parce que c'est interdit.
- Laisse tomber, ne me parle même plus.
- Et toi, fais ton travail ! Je ne crois pas avoir fait quelque chose de mal, moi !"

Quelque minutes après je lui demande si on peut se parler en privé, mais c'est désormais elle qui m'ignore, et je n'ai pas l'occasion de lui présenter mes excuses.

En prenant Abe comme modèle à suivre, l'incarnation du travailleur-automate comme le garçon de café de Sartre, je finis par lui ressembler. Et Keiko me compare d'ailleurs à lui lorsque Yuuki lui raconte l'anecdote, comme un avertissement contre le danger qui guette celui qui se dévoue à un travail auquel il ne prend aucun plaisir. On porte le masque et c'est lui qui finit par nous porter, on ne réfléchit plus, on perd notre liberté.

C'est à se demander ce qui nous mue à jouer ces rôles imposés.

Peut-être par facilité, pour trouver une raison-d'être toute faite, plutôt que de prendre la peine de se l'inventer.

dimanche 15 janvier 2017

Ooseki

Ooseki, le spot de d'habitude quand les conditions sont normales. Si la houle est trop forte, il vaut mieux se retrancher plus bas.


jeudi 12 janvier 2017

Bas les masques

Si pour moi le boulot de service se caractérise par l'artificialité des interactions, donc l'annihilation de soi, pour Keiko, le masque sert aussi de bouclier de l'âme pendant les heures de fonction. Faire semblant permet de ne pas se laisser affecter par des tâches inutiles et ennuyeuses, et certains collègues qui le sont autant.

Mais si cette conception est rassurante, le choc n'en reste pas moins grand quand les masques tombent.

Comme lorsque Abe, le parfait petit soldat de l'hôtellerie, droit comme un "i", avec sa façon tellement déférente de parler que c'en est comique - il va jusqu'à s'excuser en s'inclinant devant la porte de la chambre des clients après l'avoir refermée - est interpellé par Keiko au sujet d'un gobelet dans la poubelle et qu'il lui rétorque : "C'est moi qui l'ai jeté, et alors? T'as un problème? Tu vois pas que je suis occupé, là?".

La violence de cette agression verbale est décuplée par le changement radical de ton, comme un déchirement dans le tissu des interactions sociales, d'où surgit la face la plus aggressive des âmes et qui dévaste les cœurs purs. Keiko est bouleversée, elle part sangloter auprès du manager M. Nakamura et tente avec lui de donner un sens à cette soudaine eruption de brutalité.

Est-ce l'homme Abe qui est fondamentalement abusif, mais parvient à le dissimuler 99% du temps, ou est-ce l'entreprise dans laquelle il s'investit tant, corps et âme, qui l'use au point de le rendre sociopathe ?

Il semble bien que la fatigue psychique liée au faire semblant de notre quotidien professionnel soit le terreau de la crise de nerf (Keiko et Abe), des troubles du sommeil (Yuuki) et autres affections liées au stress.

mardi 10 janvier 2017

Mont Omoto

A 526 mètres, le Mont Omoto est la plus haute montagne de toute la préfécture d'Okinawa. On peut y aprécier une belle vue à 360°.